Le premier livre sur le working holiday visa (visa vacances travail) en Australie

Dans notre chambre - vingt mètres carrés, décoration dépouillée -, dix des douze lits superposés sont déjà occupés. On se contentera des deux du fond, en hauteur, les plus éloignés de l’unique ventilateur qui s’épuise à rafraîchir le local et à chasser la persistante odeur de fauve qui imprègne même les draps supposés propres. Sur le lit en dessous du mien, un grand corps nu et moite, le bras gauche sur les yeux, un bout de drap dissimulant ses parties génitales, semble dormir. Il est midi. La poubelle déborde de cannettes de bière et de parts de pizza desséchées. Déjà, la déprime m’assaille. Un an à dormir dans ce genre d’endroits... Impossible. J’étouffe. De l’air, vite. Je décide de laisser mon Belge - apparemment accablé par le jetlag - reprendre des forces. Fatigué également, je n’ai pourtant pas le cœur à tenter ici une sieste.

Dehors, le soleil n’en finit plus de chauffer les esprits. En un coup d’œil, le spectacle de la rue confirme les présomptions de Farid. Il fait 35°C de plus qu’à Paris et les trottoirs débordent de peaux jeunes et dorées. Je remonte William Street et laisse sur ma droite King Cross, quartier à la réputation sulfureuse : quelques classiques peep show aux devantures criardes et leurs rabatteurs peu convaincants, des vendeurs de kebab dans des boutiques huileuses, deux ou trois toxicos, une ou deux filles de joie… King Cross n’est  ni Harlem, ni Pantin. Ici-bas, la notion de «quartier chaud» semble, à première vue, avoir une acception bien moins dramatique que chez nous.

 

(…)

 

Au croisement Darlinghurst/Oxford Street, la lumière du soleil rejaillit sur les façades rouges, jaunes ou roses d’une ribambelle de  bâtisses cubiques et défraîchies. Je vois alors passer un bus de ville blanc et bleu, une planche de surf dépassant d’une vitre. Sa destination : Bondi Beach, un nom qui sent bon le sable chaud. La circulation aidant, je le rattrape et grimpe dedans à l’arrêt d’après. J’interroge une vieille dame assise à côté de moi. Elle me le confirme, je suis dans le bon bus pour un bain de soleil au bord du Pacifique. Le premier de l’année, un 2 février.



Le premier livre sur l'univers du visa vacances travail (working holiday) en Australie  

Mar 20 oct 2009 Aucun commentaire