Mercredi 23 décembre 2009
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Des herbes hautes raclent le bas de caisse. Les branches tombantes des baobabs cognent contre le pare-brise puis griffent la carrosserie dans un long crissement.
Jean fait beugler le moteur de la Zézette. Il ne faut pas perdre le rythme sur ce sol sablonneux. Assis au milieu, je m’accroche au cendrier. À ma gauche, Michelle ne bronche pas. Le chemin
s’arrête à l’extrémité d’une pointe de terre, là où un étroit bras d’eau rejoint l’Ord River. Kununurra n’est qu’à quelques kilomètres de là mais on a déjà l’impression d’être isolés, loin de
tout. Près de la berge, un reste de cendres et quelques stubbies vides nous informent qu’on ne sera pas les
premiers à camper ici. Dommage. Il nous reste une bonne heure de jour pour trouver du bois et allumer un feu. Avec le vent, les vrombissements des moteurs de la speedway de Kununurra parviennent jusqu’à nous. Jean aimerait bien faire un tour, un jour, avec sa Zézette, sur un de ces anneaux de
vitesses, théâtres, les soirs de week-end, de courses improvisées. Michelle menace de le quitter s’il s’amuse à ça. Dans les feuillages au dessus de nos têtes, des centaines de kakatoès d’un
blanc immaculé ont élu domicile et se lancent dans un bruyant concert. Jean me tend une bière. «On va être bien, là», nous promet-il. «En espérant que ceux qui ont laissé ces vieilles cannettes
n’aient pas l’idée de revenir ce soir...» s’inquiète Michelle, en se rasant les jambes à la lumière du feu. La nuit tombante, les oiseaux se font plus discrets. Les moteurs aussi. On n’entend
plus que le jus du t-bone qui crépite sur les braises.
Le premier livre sur l'univers du visa vacances travail (working holiday) en Australie
Par Backpacker
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Publié dans : Extraits
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