Lundi 12 octobre 2009
1
12
/10
/2009
19:11
On ne quitte pas une vie sans prévenir ceux qui la partagent, sans leur expliquer son choix, sans tenter de se justifier – bien qu’une envie de changement, ça ne se discute pas. Mes
amis voyant dans mon départ la perspective d’être logés gratuitement s’il leur prenait l’envie de venir me rejoindre pour trois semaines de congés payés, je n’ai pas eu à
m’employer bien longtemps pour les faire adhérer à mon projet.
J’attends de la part de maman davantage de résistance.
- Maman, je viens de me trouver un billet pas cher pour l’Australie.
- L’Australie ?
- Ouais.
- Combien ?
- Mille euros, valable un an.
- Un an ? Mais pour quoi faire ?
- Travailler, visiter, passer du bon temps... Enterrer ma vie d’adolescent, quoi... Avant de revenir et puis de me mettre sérieusement au boulot.
- Et t’as besoin d’un an pour ça ?
- Je sais pas... Je crois bien... Faut que je parle anglais aussi. C’est important pour la suite, l’avenir, un boulot plus intéressant...
- À Londres aussi, on parle anglais... C’est quand même moins loin que l’Australie, non ?
- Justement. Je veux un changement radical, me mettre en danger. Je ne veux pas avoir la tentation de rentrer au moindre coup de blues. Tu vois ce que je veux dire ?
- C’est sûr qu’à ce prix-là, ça ferait cher le coup de blues... Et comment comptes-tu vivre là-bas ?
- J’ai un peu d’argent de côté. En plus, avec mon visa, j’ai le droit de travailler.
- Mais qu’est-ce que tu veux trouver comme travail si tu ne parles pas anglais ?
- Je sais pas, je verrai. Y a toujours des petits boulots pour ceux qui veulent. Et puis tu n’as pas besoin de parler anglais pour faire la plonge.
- Ah ! Parce que tu pars en Australie pour faire la plonge, toi...
- Mais non ! Ce sera juste au début...
Ma mère continue avec ses questions, de plus en plus pointues, de plus en plus embarrassantes, car révélant la fragilité de mon projet. Dissimulant son inquiétude derrière un ton sévère
et circonspect, elle me fait douter.
- Et comment tu vas faire pour te loger ? Tu as trouvé un appartement ? Tu connais quelqu’un là-bas ?
- Non.
- Ton père a une cliente qui a de la famille à Melbourne, je crois...
- Je m’en fiche ! J’ai vraiment envie de me débrouiller tout seul.
C’est important, tu sais...
- D’accord, mais c’est quand même bien d’avoir un contact sur place au cas où, non ?
- Certainement...
- Et Sophie ? Qu’est-ce qu’elle en pense de tout ça ?
Le premier livre sur l'univers du visa vacances travail (working holiday) en Australie
Par Backpacker
-
Publié dans : Extraits
1
-
Recommander
Le livre de Gildas est un super bouquin, très bien écrit, très intéressant et mérite de rencontrer un franc succés.
Pour les gens qui aiment les voyages ou la découverte de lieu ou de personnes, c'est un incontournable ouvrage.
c'est avec un grand enthousiasme que je vous le recommande.