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Bonne lecture!
Le premier livre sur l'univers du visa vacances travail (working holiday) en
Australie
Des herbes hautes raclent le bas de caisse. Les branches tombantes des baobabs cognent contre le pare-brise puis griffent la carrosserie dans un long crissement.
Jean fait beugler le moteur de la Zézette. Il ne faut pas perdre le rythme sur ce sol sablonneux. Assis au milieu, je m’accroche au cendrier. À ma gauche, Michelle ne bronche pas. Le chemin
s’arrête à l’extrémité d’une pointe de terre, là où un étroit bras d’eau rejoint l’Ord River. Kununurra n’est qu’à quelques kilomètres de là mais on a déjà l’impression d’être isolés, loin de
tout. Près de la berge, un reste de cendres et quelques stubbies vides nous informent qu’on ne sera pas les
premiers à camper ici. Dommage. Il nous reste une bonne heure de jour pour trouver du bois et allumer un feu. Avec le vent, les vrombissements des moteurs de la speedway de Kununurra parviennent jusqu’à nous. Jean aimerait bien faire un tour, un jour, avec sa Zézette, sur un de ces anneaux de
vitesses, théâtres, les soirs de week-end, de courses improvisées. Michelle menace de le quitter s’il s’amuse à ça. Dans les feuillages au dessus de nos têtes, des centaines de kakatoès d’un
blanc immaculé ont élu domicile et se lancent dans un bruyant concert. Jean me tend une bière. «On va être bien, là», nous promet-il. «En espérant que ceux qui ont laissé ces vieilles cannettes
n’aient pas l’idée de revenir ce soir...» s’inquiète Michelle, en se rasant les jambes à la lumière du feu. La nuit tombante, les oiseaux se font plus discrets. Les moteurs aussi. On n’entend
plus que le jus du t-bone qui crépite sur les braises.
Le premier livre sur l'univers du visa vacances travail (working holiday) en Australie
Je poursuis ma route à travers les Breakaways, un
détour «immanquable» selon la femme de l’office de tourisme. La piste y menant quitte la Stuart Highway quelques kilomètres après Coober Pedy, avant de la rejoindre quarante kilomètres plus au nord. La zone a tout du paysage extraterrestre, presque martien. Même si je ne l’avais
pas lu sur un dépliant touristique, j’aurais certainement pu deviner qu’un Mad Max avait été tourné ici, tant
on verrait bien Mel Gibson débouler au loin, dans un nuage de fumée, sur une vieille moto futuriste. D’abord, tout y est plat. Puis, de petites montagnes arrondies se dessinent à l’horizon, là
aussi sorties de nulle part, forcément de nulle part. Bronze et ambrées, recouvertes à leur sommet d’un léger manteau de minerai blanc, elles me font penser de loin à des gâteaux de génoise
saupoudrés de sucre glace. À quelques encablures de cette route cabossée passe la Dog Fence, une clôture qui
traverse le pays d’ouest en est sur 5600 kilomètres. Au sud de la barrière, le bétail est censé être protégé des dingos, ces chiens sauvages qui peuplent le pays. Il existe plusieurs faits-divers
plus ou moins fantaisistes sur les dingos mangeurs d’homme. Installé pour la nuit à quelques centaines de mètres de la route principale, je reste vigilant. Assis sur mon capot, un couteau posé
sur la cuisse pendant que j’avale une boite de ravioli, je crois être en mesure de parer à toute attaque...
Le premier livre sur l'univers du visa vacances travail (working holiday) en Australie
Dans le désert, tout est vide : le ciel, l’horizon, les cours d’eau... Même les frigos. Ceux de la road house
de Kulgera n’échappent pas à la règle.
Pour mon déjeuner, j’ai le choix entre une Meat pie, tarte à la viande dont les Australiens sont friands, et un
sandwich-club desséché.
À l’extérieur, un énorme panneau de bois listant les distances séparant Kulgera du reste de l’Australie m’informe que je viens d’entrer en Northern Territory.
À côté des toilettes, une cabine téléphonique. «Salut maman. Je vais pas pouvoir rester longtemps. Juste pour te dire que tout va bien. Je suis dans le désert. Gros bisous.» À peine ai-je
raccroché que je repense à ce que je viens de lui dire : «Je suis dans le désert...» Je l’entends d’ici dire à papa : «C’était ton fils ! Il appelait du désert !» Et papa de lui répondre : «Du
désert ? Et y a des téléphones dans le désert, maintenant ?»
Sur le parking, les road trains sont plus nombreux que les voitures. A quelques mètres de la mienne, une Holden
Commodore de backpacker, capot ouvert, se fait ausculter. Kulgera n’est pas vraiment le meilleur endroit sur terre pour tomber en panne...
Le premier livre sur l'univers du visa vacances travail (working holiday) en Australie
Jusqu’à présent, je ne les avais jamais vraiment remarquées. Elles sont pourtant partout, dans les backpackers, les épiceries, sur les lampadaires… For sale. Des annonces de breaks, vans, camping-cars ou 4X4… Il y en a pour tous les goûts, pour toutes les bourses. Le 4X4 a bien sûr son intérêt dans un pays où les routes secondaires ne sont pas goudronnées. Pour autant, plutôt bien damées, la plupart de ces voies sont praticables par des véhicules conventionnels, tandis que le réseau bitumé dessert toutes les grandes villes du pays et la majorité des parcs nationaux. Le camping-car, lui, est plutôt réservé aux plus fortunés, généralement d’un certain âge. Plus cher, plus lourd et moins rapide qu’un van, il n’est pas vraiment adapté au style de vie téméraire du jeune Irlandais ou de la jeune Allemande. Au final, ce sont bien les vans et les breaks qui dominent le marché backpacker de l’automobile. Le premier a l’avantage d’être plus logeable et d’offrir le gîte pour deux, voire trois personnes. Le second est, pour sa part, plus sûr et plus confortable sur de longs trajets. Il est aussi moins cher à l’achat que le van.
Pour ce qui est de la fiabilité de la mécanique, il n’y a, malheureusement, aucune vérité préétablie en la matière, encore moins de garantie. En moyenne, un
véhicule vendu sur le marché backpacker affiche entre 150 000 et 400 000 kilomètres au compteur (lorsque celui-ci n’a pas été trafiqué), pour une vingtaine d’années d’ancienneté. Dans ces
conditions, sans être une fatalité, la panne doit être considérée comme une éventualité à garder dans un coin de la tête, soit pour la budgétiser avant de partir, ou tout simplement pour mieux la
vivre psychologiquement au moment où elle arrivera. Quant à la courbe des prix, elle est soumise d’une drôle de manière à la notion de vétusté. Un peu comme le bon vin, le véhicule du backpacker
prend de la valeur en vieillissant. Tout du moins, il n’en perd pas, quels que soient son historique (bien souvent inexistant) et le nombre de propriétaires qu’il a connus…
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Le premier livre sur l'univers du visa vacances travail (working holiday) en Australie
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